« Le regard lumineux d’un jeune philosophe chrétien sur l’amour vrai »

Auteur : Martin Steffens
Editeur : SALVATOR
Paru en : septembre 2018
Présentation : Broché,11 mm * 130 mm * 200 mm,144 pages,178 g
  Note : * * * * *
Difficulté : * * *

Résumé de l’éditeur :
L’homme n’est pas fait pour aimer. Il est fait pour mourir d’amour. Cette vocation est si forte qu’elle contient en elle tous les égarements. C’est ainsi que la pornographie caricature l’amour, en mimant le désir humain de se donner sans réserve. Car l’amour vrai, c’est l’amour au sens fort. L’amour absolument donné et absolument reçu. L’amour comme un don de soi sans retour. L’amour comme accroissement des dimensions du coeur. L’amour comme blessure qu’il faut veiller à ne jamais refermer, dont il faudrait ne jamais guérir. Cet amour qu’on appelait autrefois « charité » et qui nous fait patienter, telle une prière, au seuil de l’autre.

C’est là un brillant et original essai sur l’amour que Martin Steffens nous propose là. L’auteur introduit d’abord son propos en soulignant la polysémie du mot « amour » en français, ce vocable regroupant trois concepts grecs, eros, philia, et surtout l’agapè introduit par le christianisme et qui se révèle sur la Croix de Jésus-Christ.

Le raisonnement de l’auteur se déploie ensuite en trois temps. Il décrit d’abord comment le désir humain peut se trouver facilement piégé par la pornographie, c’est-à-dire une manière blessante de capter le regard en quête d’absolu et en recherche du Beau. Amour et pornographie se ressemblent, et c’est là le piège : Martin Steffens montre bien que la pornographie n’est pas le contraire de l’amour, mais bien plutôt sa caricature.  Alors que la pornographie cherche à supprimer la distance avec l’être aimé, l’amour vrai parvient lui à maintenir cette distance. Face à cette pornographie, piège alléchant qui est en réalité  une impatience d’aimer, l’auteur oppose l’eucharistie, comme pain duquel on patiente et qui nous apprend à aimer de la manière dont Dieu aime.

On peut dire que cet ouvrage est traversé par une tension permanente entre la pornographie, qui tend à dominer à consumer l’autre, en opposition à l’amour vrai, qui comme une prière, demeure au seuil de l’autre.

Les propos de l’auteur ne restent jamais dans l’abstraction car ils sont enrichis de nombreux exemples variés et éclairants. A titre personnel, j’ai beaucoup aimé la façon dont Martin Steffens montre en quoi des peintures du Caravage ou de Georges de la Tour sont des illustrations de la vocation morale de l’être humain. Je n’avais jusque là jamais réalisé que ces peintures nous aident aussi à aimer vraiment, c’est-à-dire faire coïncider l’être et  le devoir-être.

Je recommande vivement la lecture de cet ouvrage, à la fois passionnant, dense et synthétique. La pensée de Martin Steffens se déploie de façon brillante et originale, et le lecteur prend un réel plaisir à entrer dans une démonstration aussi claire et structurée.

Martin Steffens, né en 1977, enseigne en khâgne. Il a notamment écrit La vie en bleu (Marabout, 2014), Petit traité de la joie (Salvator, 2011), Prix de l’humanisme chrétien), Rien que l’amour (Salvator, 2016, Prix des libraires religieux) et L’éternité reçue (DDB, 2017).

Commentaires Facebook

Laisse un commentaire et donne ton avis!

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.