Dieu est-il mort pour nous tous ? Qu’est-ce qui pourrait nous le rendre présent ? Robert Cheaib s’attaque de manière claire à cette phrase « Dieu est mort ». Prenant le taureau par les cornes il développe une pensée théologique accessible à tous.


Note : * * * *
Difficultés : * * * (demande quelques connaissances de base)

Auteur :Robert Cheaib
Editeur :Salvator
Paru en :24 janvier 2019
Nombre de pages :192 pages

Résumé :

Comme le fou du Gai Savoir de Nietzsche, Robert Cheaib soulève la question de Dieu avec « la force du peut-être ». Cette question peut se poser chez ceux qui croient ne pas croire, comme chez ceux qui croient croire.
Moïse est le guide de ce voyage initiatique dans le double mystère de Dieu et de l’humanité. Il symbolise l’homme qui débat, doute, conteste, puis se demande si son bonheur n’est pas d’être avec Dieu.
Comme Moïse, chacun est appelé à trouver Dieu en vivant des expériences fondamentales : le désir, la pensée et surtout l’amour. Or, il n’y a pas de plus grand commandement que celui d’aimer Dieu de tout son coeur (désir), de tout son esprit (pensée) et de toutes ses forces (amour concret). Seule cette voie peut nous conduire « au-delà de la mort de Dieu » … et de l’homme.  

L’auteur, Robert Cheaib, est un jeune théologien qui dans cet ouvrage met son coeur à faire comprendre une partie du mystère de Dieu. Il part du constat que d’après la société et quelques auteurs de ces dernières décennies, Dieu est mort. Cette pensée simplifiée sorti notamment de chez Nietzsche pousse l’auteur à vouloir aller plus loin et à chercher à comprendre comment l’homme en est arrivé à cette extrémité.

Dans son oeuvre, l’auteur montre notamment comment le « peut-être » peut devenir une force, comment ces deux mots peuvent chambouler, changer toute une réflexion qui ne se voudrait que philosophique ou bien athée.

Moïse

Comme personnage qui servira de fil rouge, R. Cheaib utilise Moïse. En effet, ce personnage est intéressant car il va vivre plusieurs expériences spirituelles fortes de la présence de Dieu. Bien entendu, l’auteur – comme tout théologien – tire de nombreux exemples des Écrits bibliques et notamment en ce qui concerne la vie de Moïse et son action rendue possible par le Seigneur.

C’est d’autant plus intéressant que, comme nous, Moïse n’arrive pas de suite à faire la volonté du Seigneur, cela prend du temps. Moïse, au cours de son existence vit un pèlerinage. Et oui, le buisson ardent n’est pas placé au début de sa vie.

Et nous ?

Tout comme Moïse nous avons nous aussi à faire ce pèlerinage. À reprendre à notre compte cette question « Dieu est-il mort puisque je ne le vois pas ? » et cette seconde « Si non, comment le rencontrer ? »
L’auteur met en avant de manière admirable le fait que l’amour de Dieu dépasse tout ce que nous pourrions penser de Lui. Il met ainsi dans la balance la petitesse et la faiblesse de notre amour qui est une pâle image de celui de Dieu. Image oui mais pâlie par le péché.

De nombreuses questions trouvent des réponses dans cet essai, et les chapitres que l’auteur propose sont autant de questions que nous nous posons, ou sur lesquels nous pourrions être amenés à nous exprimer. Le silence de Dieu est-il signe de son abandon ? La souffrance existe alors comment Dieu peut-il ne rien faire ? Agit-il ? Dieu change-t-il l’homme (désirs, pensée) ? Nous aime-t-il ? Et enfin, Dieu est-il mort ?

Sa lecture

J’ai beaucoup aimé lire ce livre. J’y ai mis un peu de temps car j’ai pris beaucoup de notes. Le vocabulaire simple, la structure claire que l’auteur utilise dans toute son oeuvre permet de vraiment rentrer dans la démarche qu’il propose. En suivant aisément le développement de sa pensée on ne perd pas une miette de la richesse que R. Cheaib développe.
C’est donc un essai de théologie générale. Il ne faut pas chercher ici un développement puissant sur un point en particulier mais bien un argumentaire qui traite de la question de Dieu dans notre société qui, pense-t-elle, vit sans Lui.

L’auteur :
Robert Cheaib
 est écrivain, diplômé d’un doctorat en théologie fondamentale et enseigne à l’université pontificale de la Grégorienne à Rome. Il est membre du Dicastère pour les laïcs, la famille et la vie.

Commentaires Facebook

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.