Devant le scandale du mal, non pas une énième solution à une équation insoluble mais un appel vigoureux et plein d’humanité à une réponse qui jaillit du cœur.

Note : * * * *
Difficulté : * *

Auteur : Matthieu Dauchez
Éditions : Artège
Paru en : Septembre 2018
Nombre de pages : 192 pages

Résumé de l’éditeur :
La question du mal est une impassepour l’intelligence et un scandale pour le cœur.
Ni les plus grands philosophes, ni les plusbrillants théologiens n’apportent d’explications suffisantes.
Et si, malgré tout, les plus pauvres etles enfants eux-mêmes nous offraient quelques vraies lumières sur cedéroutant mystère ? Il faut se mettre en marche, aveuglément, maisavec confiance. Les enfants des rues, les familles des bidonvilles etles chiffonniers de Manille nous devancent.
Les maîtres ce sont eux, les élèves c’est nous.Le Père Matthieu Dauchez nous invite dans ces pages à nous mettre à leurécole…

C’est le propre de certains ouvrages que d’être un peu inclassables… Il en est ainsi du dernier livre du Père Matthieu Dauchez. Comme il le confie lui-même dans l’épilogue, son ambition « était d’écrire quelques pages sur la question du mal «  (p. 168). Toutefois, l’auteur de ces lignes est aussi le directeur de la fondation ANAK « Tulay ng kabataan » et l’homme qui partage le quotidien de tant d’enfants marqués par des blessures profondes et dont les prénoms traversent l’ouvrage : Edgar, Erik, Ronald, Jun, Glyzelle, Edwin et tant d’autres. C’est pourquoi son propos est ancré dans le concret de la vie à la fondation et il ne cesse d’affirmer son renoncement à traiter la question du mal dans l’ordre de la spéculation intellectuelle, comme s’il s’agissait de résoudre une équation. La satisfaction de l’intelligence ne suffit pas en effet à apaiser le cœur et l’âme bouleversés par l’épreuve du mal. En contemplant l’existence des enfants accueillis à la fondation, le Père Matthieu Dauchez parvient à la conviction suivante : l’énigme du mal est un mystère qui appelle notre réponse. Dès lors, l’apparente hégémonie du mal se trouve renversée par l’amour, le pardon et la joie. Le scandale ne disparaît pourtant pas, il suffit pour s’en convaincre d’écouter le Père Dauchez nous parler des épreuves traversées par ces enfants. Pourtant, leur vie est un témoignage de grande valeur. Comme l’expliquait déjà Vincent de Paul, les pauvres sont nos « maîtres ». Cet ouvrage nous aide à recevoir d’eux cet enseignement. Pour nous qui pouvons être perturbés ou éprouvés par la question du mal, il en résulte un réel apaisement. Les enfants des rues de Manille nous conduisent sur le chemin d’une réponse en actes. Il s’agit de recevoir notre vocation universelle à aimer et être aimer. Et il est bon que cet appel consolant puisse retentir dans les jours sombres que nous pouvons parfois traverser.

Cet ouvrage nous offre de partager l’univers du Père Matthieu Dauchez. Il semble qu’il s’y livre d’une manière tout à fait personnelle. Il n’hésite pas en effet à témoigner que plusieurs fois, face à telle ou telle situation, ses larmes ont coulées. Dès lors comment rester insensible au parcours sur lequel il nous entraîne ? Les citations empruntées à la Bible, la liturgie ou encore à la littérature semblent dévoiler l’itinéraire parcouru par l’auteur.

Si l’auteur insiste pour montrer la stérilité ultime de toute démarche intellectuelle, la bibliographie nous laisse penser qu’une telle étude spéculative fait malgré tout partie du chemin et que l’auteur lui-même l’a réalisée. On retiendra du reste que cette insistance est mise au service de l’appel à agir pour donner une réponse au scandale du mal.

Entre témoignage de vie, théologie et prière, on pourrait presque dire que le Père Matthieu Dauchez nous prêche une retraite ! Tous ceux qui de près ou de loin sont confrontés à la question du mal ne perdront pas leur temps en mettant leurs pas dans ceux des enfants des rues de Manille. Nous souhaitons qu’en se mettant à leur école, notre monde se trouve peu à peu inondé d’amour, de pardon et de joie.

Après deux ans de coopération, Matthieu Dauchez répond au désir du cardinal Sin, archevêque de Manille, de mettre des prêtres diocésains au service des plus pauvres. Ordonné prêtre en 2004, il est aujourd’hui directeur de la fondation ANAK « Tulay ng kabataan » qui accueille les enfants des rues dans des foyers d’insertion.

Recension écrite par François.

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