Homme souffrant, comment Dieu peut-il laisser faire?

       Cette question, difficile et en même temps étonnante, chacun se l’est posé une fois. Pourquoi Dieu n’agit pas puisqu’il est Tout-Puissant. La souffrance nous touche tous, essayons de voir comment nous pouvons essayer d’y donner une réponse.

        Guerres, violences, difficultés de se nourrir dans certains pays, catastrophes naturelles, dérèglement climatique, épidémies, mort, maladies, haine, souffrance. Tous ces mots pourraient nous porter assez rapidement à la dépression, au manque d’espérance, tous ces mots se résument par ailleurs dans le dernier cité, souffrance. On la voit partout provoqué par la nature, par l’homme ou par un on se sait quoi. Elle pose la question du mal dans le monde mais aussi la question qui vient souvent rapidement sur les lèvres, que fait Dieu si il existe ?
Chacun est à même de constater les difficultés qu’il rencontre personnellement qui peuvent être prises elles aussi pour des souffrances ou encore les souffrances qui apparaissent chaque jour dans le monde. Où est Dieu ? Pourquoi moi ? sont des questions qui reviennent souvent, qui nous habite longtemps ; nous sommes tous amenés à y répondre soi dans une négation forte de l’existence de Dieu soit en essayant de voir où est Dieu vraiment.

La souffrance ?

    La souffrance si l’on prend un dictionnaire est définie comme suit : fait de souffrir ; douleur morale ou physique la définition du verbe ajoutant supporter quelque chose de pénible ; endurer, subir.

Pontifex_fr en image
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Souffrir c’est ça mais n’est-ce pas aussi autre chose ? La souffrance est multiple, se sont elles qui nous font voir le monde en noir à tel point que nous en voyons partout. Nos sens sont tous atteins par la souffrance, qui peut aller de la simple agression du sens à son altération. Elles ne nous lâchent pas et parfois nous empêche d’avancer. On veut les comprendre alors que bien souvent elles sont incompréhensible, on aimerait mettre le nom d’un responsable sur tous nos maux car on pense que ça nous calmera ; erreur en cherchant ce responsable on s’isolera. La souffrance si nous la prenons ainsi nous isole du monde car on pense avoir une vision différente des autres.

Dieu créa l’homme, alors comment peut-il souffrir ?

    Même si le récit que présente le livre de la Genèse est aujourd’hui loin des preuves scientifiques que l’on peut avoir, Dieu créa le monde, peut-être pas en 7 jours mais il le créa en quelques milliards d’année et n’a pas fini son œuvre.
L’homme est créé bon. La bonté est-elle cependant synonyme de parfait ? J’en doute : personne n’est parfait. Dieu lui est parfait puisque si non il ne serait pas Dieu ! La création qu’il fit n’est donc pas parfaite mais en développement (toujours aujourd’hui) c’est à dire qu’il laisse à la création et particulièrement à sa créature l’homme le soin de se développer. En effet si l’on reprend le texte de Genèse 1, 27 : « Dieu créa l’homme à son image, à l’image de Dieu il le créa ; mâle et femelle il les créa. » Il s’agit ici de l’Homme comme race humaine. Lorsque nous employons le mot image, nous voyons photographie, film. Lorsque nous regardons une photo de quelqu’un, elle nous montre une image de lui et l’on peut alors dire c’est une telle ou un tel. Mais ce que l’on ne peut pas dire à partir d’une image c’est qui est la personne représentée ou si l’on préfère, on ne peut pas dire qu’elle être elle est qui elle est dans sa substance. Cela on ne peut le faire qu’en connaissant bien la personne et encore, j’en doute puisqu’une personne ne se définit pas seulement par ce qu’elle fait ou dit, une personne est et on ne peut lui retirer cela.
Dieu nous créa donc à son image mais ne nous créa pas identique à lui, Il nous créa pour que nous grandissions, fassions nos propres choix, pour que nous avancions avec Lui. Il nous créa bon parce qu’Il est bon et que tout ce qui sort de lui ne peut-être que bonté.
Je reviens maintenant à la souffrance que l’homme éprouve, à la suite de G. Martel (1), je pense qu’on ne peut pas aller en permanence trouver un responsable à nos souffrances dans le péché des origines. Chacun doit prendre se part de responsabilité en ce qui concerne la souffrance des autres. L’homme est aujourd’hui coopérateur de Dieu pour la création qu’Il nous a confié. L’Homme fait ses propres choix et parfois choisi mal. L’Homme n’est pas parfait et en ce sens il nous est possible de tomber malade ou de mourir. L’Homme ne sera jamais parfait même si il le voudrait bien. C’est cette imperfection qui est notre faiblesse et notre force, cette imperfection qui nous permet de vouloir avancer chaque jour. Mais l’homme parfait ne peut exister car si non soit tous les hommes seraient identiques, soit ils se prendraient tous pour Dieu. La perfection en tout n’est qu’en Dieu seul ; les saints eux-mêmes ne sont pas parfaits !

Espérance chrétienne.

    Les chrétiens sont invités tous à vivre la joie de la vie qui prépare à la vie éternelle. Tous nous avons notre part aux souffrances du monde, tous nous avons notre part, pour préparer pour nous et pour les autres, la vie éternelle. Elle n’est pas seulement affaire personnelle, si quelqu’un nous l’a annoncé c’est que nous devons l’annoncer aussi ! L’espérance chrétienne est comme un grand lac d’eau en montagne. On peut le laisser se remplir sans rien en faire,

Pontifex_fr en image
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le garder pour soi mais si on utilise cette eau accumulée dans les moments d’abondance, alors on peut arroser, distribuer, nourrir. L’espérance chrétienne ne peut être gardée pour soi, si non qui deviendrais-je ? L’espérance chrétienne c’est voir ou essayer de voir dans toutes les situations belles ou délicates, tristes ou joyeuses l’œuvre de Dieu. Le Concile Vatican II, dans sa constitution Gaudium et Spes (Les joies et les espoirs), invite les catholiques du monde à voir les signes des temps pour guider le monde (2). Les signes des temps peuvent être multiples et notamment j’en suis sûr au cœur de nos vies où le Seigneur nous appelle à nous convertir. C’est en créant notre propre lac de signes, d’œuvres de Dieu dans notre vie que nous pourrons : d’une part l’agrandir et voir en toute situation l’action bénéfique de Dieu, et d’autre part arroser abondamment ceux qui nous entoure ou ceux qui ont besoin de réconfort. L’espérance est chrétienne car placée dans le Christ et dans la vie éternelle commencée ici et maintenant, ne nous la laissons pas mourir ! Ne nous laissons pas voler l’espérance ! (Pape François (3))

     Pour conclure rapidement, l’homme est bon et profondément bon, mais il doit redécouvrir ça en lui chaque jour. La souffrance pose en effet un grand problème mais comme nous l’avons dit, il n’est pas totalement insoluble tant que l’on ne cherche pas absolument un responsable sur qui taper. La souffrance peut être surmontée si elle est vécue dans l’espérance chrétienne, et profondément inscrite en l’homme, celle de la vie éternelle. Nous sommes libre de faire et dire ce que l’on veut mais comme chrétien, nous nous devons d’annoncer sans relâche que Dieu veut avec nous vivre l’aventure de l’amour. Il nous y aide en nous laissant des signes divers (un sourire inattendu, une force qui nous fait repartir, un inconnu qui nous aide, etc.), c’est à nous maintenant de les collecter pour pouvoir à notre tour aider et vivre vraiment de Dieu.
Comme je l’ai dit plus haut, les souffrances nous font voir le monde en noir, et bien sachons voir le monde par les œuvres de Dieu, cela nous aidera à voir le monde tel qu’il est : plein de vie, plein de Dieu.

[alert-note]1 P 2, 9 : « C’est vous qui êtes la race choisie, le sacerdoce royal, la nation sainte, le peuple qui appartient à Dieu ; vous êtes donc chargés d’annoncer les merveilles de celui qui vous a appelés des ténèbres à son admirable lumière. »[/alert-note]

(1) : Gustave Martelet, LIBRE REPONSE A UN SCANDALE. La faute originelle, la souffrance et la mort, Edition Du Cerf, Paris, Cerf, 1986. (retour au texte)
(2) : Concile Vatican II, L’Eglise dans le monde de ce temps : Gaudium et spes, Cité du Vatican, 1965. Consultable sur : http://www.vatican.va/archive/hist_councils/ii_vatican_council/documents/vat-ii_cons_19651207_gaudium-et-spes_fr.html (retour au texte)
(3) : Pape François, Evangelii Gaudium : La joie de l’Evangile, Cité du Vatican, 2013 paragraphe 86. Consultable sur : http://w2.vatican.va/content/francesco/fr/apost_exhortations/documents/papa-francesco_esortazione-ap_20131124_evangelii-gaudium.html (retour au texte)

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