Très accessible, et pourtant profond et percutant, le livre du Père Cantalamessa Notre Sœur la Mort ne peut pas laisser le lecteur indifférent.

Note : * * * *
Difficulté : * *

Auteur : Raniero Cantalamessa
Éditions : Saint Paul
Paru en : 1996 (réédition 2017)
Nombre de pages : 127 pages

Résumé de l’éditeur :
Méditer sur la mort en ce début du XXIe siècle relève du défi. Enclins à exalter la vie et à cacher tout ce qui entoure et évoque la mort, nos contemporains supporteront-ils la « folie » de ce message aussi évangélique que franciscain ?
Rien de mièvre dans ces méditations lucides et fortes. Rien qui soit « déconnecté » de la réalité de nos existences d’hommes et de femmes d’aujourd’hui. La mort est la clé de la vie, telle est la thèse audacieuse qui court en filigrane dans ce précieux petit livre.
L’auteur met en relief le mystère pascal de cet acte ultime et signifiant de notre existence. Il exalte la vision chrétienne de la mort et rappelle avec courage bien des vérités qui ne sont plus au goût du jour.

 

Ecrit en italien en 1991 puis traduit en français en 1996 et réédité en 2017, ce livre se lit facilement, il se reçoit comme une prédication de retraite dont le Père Cantalamessa est le spécialiste !

Si la forme est agréable, le contenu l’est tout autant. Le Père Cantalamessa aborde le thème de la mort sous deux modes : le mode sapientiel et la mode pascal.

Dans le mode sapientiel, il intègre l’apport des livres sapientiaux, de la philosophie, de la littérature et de la poésie. Il donne à penser sur notre existence face à la mort : nous qui sommes nés sans rien demander à personne pour finalement mourir, ne sommes nous pas des « êtres-pour-la-mort » ? Le Père Cantalamessa dresse là un portrait d’une mort pédagogue, qui nous apprend à bien vivre.

Dans le mode pascal « apanage exclusif du christianisme » (p7), le Père Cantalamessa nous fait méditer sur le Christ et sa victoire sur la mort, et donc sur notre mort.

Ces deux modes, sapientiel et pascal, ne s’opposent pas, ils nous révèlent au contraire, en clair-obscur, le visage de celle que St François d’Assises appelait Sœur Mort.

Si le mode pascal nous révèle une mort-mystère « ce n’est plus moi qui meurs, c’est le Christ qui meurt en moi » (Ga 2, 20), il n’annule pas le mode sapientiel, au contraire, « la mort-pédagogue veille sur la grâce et est au service de la mort-mystère » (p68).

Je garde ce livre sous la main, il est plein de phrases simples et percutantes qui invitent à la méditation, et surtout à la conversion : « Sommes-nous angoissés par des problèmes ou des difficultés ? Allons de l’avant, postés au lieu adéquat : regardons ces choses de notre lit de mort. Comment voudrions-nous alors avoir agi ? Quelle importance accorderions-nous à ces choses ? Procédons ainsi et nous serons en sécurité ! Avons-nous un différend avec quelqu’un ? Regardons les choses de notre lit de mort. Que voudrions-nous avoir fait alors : l’avoir emporté ou nous être humilités ? Avoir gagné, ou avoir pardonné ? » (p68)

Le livre du Père Cantalamessa peut se lire rapidement, des extraits peuvent être utilisés autant pour consoler des personnes endeuillées, que pour « réveiller » ceux qui oublient la fragilité et la brièveté de leur vie terrestre.

Le langage n’est pas tiède, il est pourtant pétri d’espérance et de sagesse, je le conseille vivement !

L’auteur :
Le père Raniero Cantalamessa, franciscain et théologien, est le prédicateur de la Maison pontificale depuis 1980. Il est l’auteur d’ouvrages majeurs tels Jésus de Saint de Dieu (Mame), La vie dans la Seigneurie du Christ (Cerf) et la Montée au Sinaï (Saint-Paul).

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