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Aime, prie et travaille – Thomas Jauffret

Cet essai veut prendre le lecteur et l’amener à réfléchir à propos de l’entreprise et de la doctrine sociale de l’Église. Parfois sous forme de confrontation l’auteur veut répondre à la question : comment faire grandir et prospérer une entreprise chrétiennement ?

Note : * * *
Difficulté : * *

Auteur :Thomas Jauffret
Éditions :Salvator
Paru en :janvier 2021
Nombre de pages :176 pages 

Résumé de l’éditeur :

A priori, cette injonction pourrait s’adresser à une communauté monastique, mais le but premier de Thomas Jauffret est d’interpeller ici les entrepreneurs et plus largement les acteurs de l’économie. Nous traversons aujourd’hui en effet une crise écologique, financière, économique et managériale à laquelle l’actuelle pandémie a ajouté une dimension sanitaire d’une ampleur inédite. On a beaucoup dit que celle-ci pourrait être l’occasion d’un changement de pratiques ou de mentalités. Et si l’entreprise, au-delà du seul but du profit ou de la croissance, n’avait pas aussi pour objectif de nous rendre meilleurs ? Et si elle pouvait participer au bien commun et permettre à chacun de retrouver un réel équilibre de vie personnel, familial, culturel et spirituel ? Au-delà du rêve ou de l’utopie, c’est une réalité accessible vers laquelle il faut tendre, avance Thomas Jauffret. Averti des derniers modèles d’entreprise et de la culture contemporaine, nourri de la spiritualité bénédictine et de la doctrine sociale de l’Église, il invite à expérimenter avec audace ce nouveau paradigme dont le triptyque « aime, prie et travaille » indique bien les lignes de force.

4ème de couverture.

Présentation : Aime, prie et travaille

Quelques généralités

Dans cet essai d’un peu plus de 170 pages, Thomas Jauffret part d’un constat de multiples crises de notre économie : écologique, financière, identitaire,… À partir de là il invite son lecteur à une plongée dans l’entreprise comme outil multiple qui tend à aller plus loin que le simple profit. Chacun peut être ainsi renvoyé à sa manière de gérer ses affaires car même si l’on n’est pas à la tête d’une entreprise ou dans ses cadres certains aspects mis en valeurs s’appliquent également à la famille.

Les grands sujets

J’ai identifié dans cet ouvrage cinq sujets sur lesquels il revient constamment : l’accueil des charismes et des personnes ; la subsidiarité ; la technologie qui n’est pas toujours une amie ; le fonctionnement intergénérationnel ; créer et agri en communauté. Il dissémine ces sujets tout au long de son livre en commençant par une étude originale à partir des béatitudes données par Jésus dans l’Évangile selon Matthieu au chapitre 5.

Ces sujets sont appuyés sur de nombreuses citations de saint Benoît, de saint Augustin ou d’acteurs de la vie économique internationale. Il complète cela grâce à des exemples tirés de la vie économique.

Mes déceptions

« La réalité est supérieure à l’idée. »

Cependant ce livre m’a un peu déçu. J’ai trouvé que la redondance des sujets ne fait pas avancer véritablement le propos et ne propose rien de concret. On est loin de cette phrase du pape François dans son exhortation apostolique Evangelii Gaudium « La réalité est supérieure à l’idée. » Dommage. D’ailleurs les citations qu’il fournit des papes ou saints ne sont pas toujours en rapport avec son propos ce qui est dommageable pour la suite de son paragraphe ou de sa partie.

Vendre & conseiller …

J’ai parfois eu l’impression qu’il se vend – entant que conseiller – plus qu’il ne veut apporter aux preneurs de décisions quelques pistes de solution. 

Les multiformes des entreprise

L’un de ses développements m’a toutefois vraiment intéressé lorsqu’il aborde les multiformes d’entreprises. Pour lui, l’entreprise du futur sera multiforme en interne et recevra de nombreuses personnes sans CDD ou CDI mais plutôt sous une forme libre. Ce qui me semble étonnant dans cette proposition, ce n’est pas tant la présence de freelance mais plutôt que cela va à l’encontre de son fil rouge où la construction d’une identité d’entreprise est essentielle pour la vie et la survie de ladite entreprise.

Qui sera libre ?

Pour finir je souhaite reprendre quelques mots qu’il nous livre sur ce thème et les compléter : « Le travailleur du futur sera libre, communautaire et inspiré » nous dit-il (p.163). Mais je souhaite ajouter « sauf l’ouvrier » qui lui ne fait pas directement parti du propos et qui dans cet essai est complètement mis de côté. Dommage.

Ce livre se lit assez bien et vite sans grande difficulté. Malgré les faiblesses que j’ai mis en exergue il reste un livre sage qui ouvre quelques sujets qu’il s’agira d’approfondir.

L’auteur :

Thomas Jauffret, 39 ans, diplômé de Dauphine, a évolué dans des structures de conseil et d’investissement. Spécialiste de la doctrine sociale de l’Église, il est conseillé auprès des entreprises. Il a été directeur des programmes du Zermatt Summit et a par ailleurs cofondé le magazine Boussole.

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Prêtre du #diocèse #Beauvais @catho60. Encore en étude jusqu'en 2021 en théologie morale. Avant d'entrer au séminaire pour @catho60 j'ai fait mes études à @UniLaSalle_fr école d'ingénieur agricole dont je suis diplômé. Ce blog est né car lors de ma formation au séminaire certains professeurs m'ont demandé de m'exercer à écrire et développer une pensée. De plus j'ai trouvé ce moyen car il peut m'être utile et être utile à d'autres et cela m'oblige à lire ! Mon article préféré : https://lirechretien.fr/2015/05/01/comment-jai-vu-dieu-a-loeuvre-dans-la-maladie-de-mon-frere/

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