Être chrétien c’est être prophète !

L’ADN est un élément constitutif de nos cellules, de notre corps et grâce à lui on peut aujourd’hui nous identifier, même si nous n’y sommes pas réduit. Ainsi un peu de la même manière le chrétien est prophète : cela le définit même s’il est impossible de l’y réduire. Qu’est-ce qu’un prophète ? Comment sommes-nous prophète ?

Au moment de du baptême, l’enfant ou l’adulte passe par la mort et la résurrection du Christ. C’est ainsi que passant par cette nouvelle vie Jésus-Christ lui transmet également trois fonctions, le chrétien est prêtre, prophète et roi. Essayons en premier lieu de regarder comment le chrétien est prophète, d’autres articles développeront les autres fonctions.

1       Dans l’Écriture

Dans l’Ancien Testament le prophétisme prend une place prépondérante dans l’annonce du Dieu qui est Créateur et qui veut s’occuper de son peuple. Ainsi les prophètes rythment cette partie de la Bible et ses récits, on retrouve le mot de prophète 514 fois dans toute la Bible dont 362 fois dans l’Ancien Testament, on ne peut donc pas passer à côté de cette figure emblématique de l’histoire d’Israël. Pour ne citer que quelques-uns d’entre eux et les plus connus : Abraham, Moïse, Élie, Élisée, Isaïe, Daniel.

Ces hommes ne sont en fait pas différent des autres mais ont été appelé par Dieu à suivre un chemin particulier ; un chemin de vocation. Choisis par Dieu et mis à part (Jr 1, 5) ses rôles sont multiples. Il est avant tout l’intermédiaire entre Dieu et les hommes, c’est à dire que Dieu afin de s’adresser aux hommes passe par lui car il est à l’écoute de la Parole de Dieu ; son rôle est notamment de rester attentif à ce que Dieu veut transmettre aux hommes. Ainsi dans l’Ancien Testament on le voit souvent, il exhorte le peuple d’Israël pour que celui-ci se détourne des idoles et qu’il revienne à la foi : il réprimande et félicite le peuple quand il faut ! Il est, si l’on peut dire, la parole d’un Dieu qui veut éduquer son peuple. Mais de même que la Parole de Dieu est écoutée certaines fois et donc appliquée, d’autres fois elle est rejetée – trop souvent – et donc le prophète avec. En effet ces paroles sont des paroles qui dérange et qui ne vont pas toujours dans le sens du monde qui doit les accueillir.

On peut ajouter comme rôle du prophète, celui de rappeler la Loi donnée aux pères dans la foi. Et de même que la Parole de Dieu est rejetée, de même le prophète lorsqu’il rappelle la Loi au peuple est rejeté voir chassé par celui qui règne comme Élie par Achab dans le livre des Rois.

Mais l’histoire des prophètes ne s’arrête pas là, dans le nouveau testament d’autres figures apparaissent. Il est nécessaire de commencer par Jean le Baptiste qui comme dernier des prophètes appelle le peuple à une conversion du cœur, une conversion de l’être tout entier : « Voix de celui qui crie dans le désert : Préparez le chemin du Seigneur, rendez droits ses sentiers » (Lc 3, 4) et « tout être vivant verra le salut de Dieu » (Lc 3, 6). Jean n’est pas là pour faire pot de fleur ; il annonce la venue du Sauveur des Hommes. Il d’ailleurs le prophète qui fait le lien entre le Nouveau et l’Ancien Testament puisque ces paroles sont également présentes dans le livre d’Isaïe (Is 40, 3). Par ailleurs Jésus lui-même invite ses disciples à être prophète au sens de profession de foi. S’il est venu ce n’est pas pour que les hommes s’endorment et gardent les chemins de perditions sur lesquels ils surfent ; Jésus veut le meilleur pour ses disciples, pour les hommes : il veut qu’ils deviennent tous des saints. Pour cela il s’offre sans partage, il s’offre lui-même pour nous sauver, pour nous aider à nous détacher du péché ; pour nous rendre vraiment libre.

2       Dans l’Église et dans notre vie

On pourrait se demander pourquoi faire une partie qui regroupe à la fois l’Église et notre vie. J’y répond rapidement. La foi, la vie dans la foi ne peut pas être vraiment pleine et entière si elle n’est pas ancrée dans une communauté. Un chrétien ne peut pas vivre sa foi seul et c’est l’une des raisons qui nous pousse à nous réunir dimanche après dimanche…[1]

Dans notre vie, par le baptême, nous avons donc reçu cette mission d’être prophète et donc d’annoncer l’Évangile et de faire passer le message de Dieu pour les hommes et les femmes de notre temps. Cette annonce explicite de l’Évangile ne peut pas faire l’économie d’un discernement quant au lieu et aux modalités que l’on emploie mais elle doit pour autant se faire que ce soit à temps ou à contre temps. Car en effet l’Évangile change la vie de celui qui le reçoit, pour celui qui cherche à en vivre. Ces changements sont quotidiens dans la façon de se comporter avec autrui, dans la façon de s’investir dans telle ou telle association et même dans la façon de comprendre ce que l’Église propose. La doctrine sociale de l’Église n’est pas un carcan de règles qui sont là pour nous ennuyer, la doctrine sociale de l’Église est tirée de la Bible et veut nous proposer un chemin pour vivre et aller vers Dieu ; un chemin pour devenir des saints comme Dieu est saint (1 P 1, 16). Être prophète c’est donc aussi montrer au monde le message qu’implique dans la vie de tous les jours et dans les choix, de vivre de l’Évangile. Le meilleur exemple que l’on peut prendre c’est la démarche du catéchumène qui petit à petit en découvrant le Christ et son visage, modèle sa vie sur la Sienne et en vient à poser des choix qui engagent sa vie quotidienne.

Comme le disait un jour un prêtre dans une homélie : on ne peut pas être chrétien et vivre comme des païens. Notre témoignage doit donc être explicite et quotidien.

Ce témoin que nous sommes par notre baptême doit s’éloigner des idoles que fabriquent le monde. Même si aujourd’hui il n’y a que rarement des idoles de bois dressées dans notre jardin, d’autres idoles nous détournent du seul vrai Dieu que ce soit l’argent (Lc 16, 13) ou toute addiction qui ne nous ancre pas dans le réel de la vie.

 

Ainsi donc tout baptisé est prophète, il doit annoncer l’Évangile et en vivre. Aucune honte ne doit habiter un baptisé quant au fait d’être chrétien ou de ne pas tout comprendre de la foi et de ses conséquences, mais il faut peut-être plus souvent avoir l’humilité de poser des questions, de se former et de s’ouvrir à ce que l’Église propose. En effet le chemin, comme nous l’avons dit plus haut, n’est pas seulement personnel mais aussi communautaire. Ce chemin se veut être un mieux, pour une meilleure relation à Dieu, au Christ et aux autres. Le prophète annonce donc sa foi, annonce l’Évangile et vit vraiment de ce qu’il annonce : il retire de sa vie ce qui n’y correspond pas et cherche à entrer dans une relation toujours plus vraie avec Dieu. Cette relation grandissante il va inévitablement se rapprocher de ses frères chrétiens ou non et ainsi permettre à d’autre de rencontrer le Christ qui est venu uniquement pour nous sauver et nous rendre libre !

Pour aller plus loin :

  • Lire la Bible !
  • Guisse Monique, Stricher Joseph, Xvi Benoît, Youcat français : Catéchisme de l’Eglise catholique pour les jeunes, Cerf, Paris; Montréal, 2011, (303 p.).
  • Eglise Catholique(éd.), Catéchisme de l’Eglise Catholique, POKET, Cerf.
  • Hoyeau Céline, « Les prophètes dans la Bible (1/5) » [en ligne], La Croix Actualité, 2015, disponible sur <http://www.la-croix.com/Religion/Spiritualite/Les-prophetes-dans-la-Bible-1-5-2015-12-03-1388171>, (consulté le 22 juin 2016).
  • Monloubou Louis, LES PROPHETES de l’Ancient Testament, Cahiers Evangile n° 43, Société biblique française, 1983.

Des idées pour s’engager :

[1] Lire Dies Domini – Le jour du Seigneur, Jean-Paul II

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