Partant de la distinction entre le Réel et la réalité, Michel Maffesoli propose un brillant petit essai autour de la notion d’écosophie, la sagesse de la maison commune.

Note : * * * *
Difficulté : * * *

Auteur : Michel Maffesoli
Éditions : Cerf
Sortie : 27 Janvier 2017
Nombre de pages : 256 pages

Résumé de l’éditeur:
Il est une nature des choses et on a eu la prétention de la changer. La dévastation du monde, naturel et social, en est la conséquence la plus évidente. Le refus des constructions sociales « contre- nature », abstraites et rationalistes, commence à se faire jour. D’où le besoin de fonder l’être-ensemble sur un sens (une sensibilité) commun, sur une accommodation collective à la nature des choses C’est l’enjeu de ce livre que de repérer les courants qui silencieusement animent la nature en question. Ce que l’on nomme ici sensibilité écosophique.

Partant de la distinction entre le Réel et la réalité, Michel Maffesoli propose un brillant petit essai autour de la notion d’écosophie, la sagesse de la maison commune. Il développe en six chapitres une pensée autant résolument novatrice que traditionnelle. L’auteur indique lui-même d’entrée que chaque chapitre peut se lire de manière autonome.
Invitant à un réenchantement du monde il propose de lutter contre une réalité rachitique et réductrice et de nous faire accéder à un Réel autrement plus riche. Il part du constat évident que la nature va mal, et que la prédation qu’exerce l’homme est exacerbée et désordonnée, le conduisant à une mort programmée à brève échéance. Face à cela il faut propose de comprendre les méandres de cette pensée écosophique.
Le cœur battant de sa pensée est une interaction entre la personne, la communauté et le lieu où ils s’épanouissent. Et c’est justement dans une indétermination par rapport à ce lieu ou cette communauté que nous passons de la domination à la dévastation. Il propose pour cela une revalorisation de la tradition qui n’est autre que la transmission des anciens. La notion d’incarnation est omniprésente dans son ouvrage et cette dimension nous rappelle que la terre peut être un écrin permettant à l’âme de s’épanouir. Avec Heiddeger il critique cet humanisme qui ne situe pas assez haut l’humanité de l’homme.
Nous sommes ainsi dans une création en perpétuel devenir dans laquelle le lieu prend toute son importance. L’écosophie s’oppose résolument à ce qu’il appelle l’idéosophie, nous sommes invités à une démarche empirique qui nous place face au paradoxe du bien et du mal. Il faut accepter d’être soi à partir de l’Autre. Et il propose ainsi une intégration de féminin pouvant conduire au matriarcat, pour une reconnexion à la Terre-mère.

Son essai est brillant même si son vocabulaire est riche et peut rendre la lecture moins accessible à un lecteur peu avertit. Puisant aux sources de la pensée chrétienne, fleuretant avec un certain platonisme ; il transcende les clivages habituels, réveillant les chrétiens éthérés et spiritualisant l’écologie actuellement développée dans notre société. Réconciliant écologie et métaphysique, ciel et terre, cet ouvrage mérite d’être lu par tous ceux que la pauvreté de la pensée écologique actuelle attriste.

Présentation de l’auteur :
Professeur émérite à la Sorbonne et membre de l’Institut universitaire de France, Michel Maffesoli est l’auteur de nombreux ouvrages, notamment Le Temps des tribus (1988), Le Réenchantement du monde (2007), La Parole du silence (2016).

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