On pourrait dire que Florence Bosviel co-écrit cet ouvrage avec ses petits-enfants. L’idée est simple : ils lui posent des questions sur la foi et elle répond. Percutante, claire et précise, l’auteur nous guide sur le chemin de la foi et de ce qui fait vivre sa foi. Une lecture éclairante !

Note : * * * * *
Difficulté : *

Auteur : Florence Grellety Bosviel
Éditions : Cerf
Paru en : 9 mars 2018
Nombre de pages : 160 pages

Résumé de l’éditeur :
« D’où vient Dieu ? Quelle est la place de la raison dans la foi ? Qu’est-ce que croire ? Jusqu’où ça m’engage ? Pourquoi le mal ? Qu’est-ce que l’Église ? Faut-il toujours suivre ce qu’elle dit ? »
Ils ont entre dix et vingt-cinq ans. Tous élevés dans la foi chrétienne, ils sont pourtant tous différents. Du refus pur et simple de l’Église à un engagement fort, leurs questions sont générationnelles et avant tout universelles.
Florence Bosviel leur apporte des réponses claires sur les interrogations qui les traversent et face auxquelles nous sommes souvent désemparés.
Un jeu de questions-réponses, direct et sans tabous, entre une grand-mère et ses petits-enfants.
Un ouvrage ludique et réfléchi à transmettre.

Avant de commencer la critique de ce livre, vous trouverez en fin d’article un extrait du livre ainsi qu’une interview de Florence Bosviel en complément de cet article. Bonne lecture !

Le principe de ce livre est assez simple : une question à propos de la foi donne lieu à une réponse ! Mais ce qui change c’est qu’ici ce n’est pas une théologienne renommée qui répond mais bien une grand-mère qui s’adresse à ses petits-enfants. Ce sont eux qui posent les questions et comme elle le dira à la fin de l’ouvrage c’est un peu une composition à seize mains qui a donné lieu à ce livre. Les questions sont claires et concises, elles permettent, je crois, de vraiment prendre en compte l’ensemble des questions que peuvent se poser des jeunes de notre temps. Ses petits-enfants ont des âges différents et posent donc des questions très différentes qui se complètent. Mais la prouesse que je souhaite saluer n’est pas seulement l’idée et la composition du livre mais bien les réponses de Florence Bosviel qui sont pertinentes rapides et claires. Tout au long de son ouvrage l’auteur cherche à clarifier la foi de ses petits-enfants, à la déclencher aussi parfois. Mais elle n’hésite pas non plus à les bousculer un peu tout en les encourageant et en leur donnant des pistes pour avancer. Pour clarifier ses réponses elle très souvent sur des exemples concrets de leur vie quotidienne ce qui rend les réponses encore plus percutantes et compréhensibles à mon avis.

Le seul petit point à améliorer que j’ai trouvé est la définition de ce qu’est un diacre. En effet, elle est très raccourcie et ne dit plus la vérité du ministère propre qui lui est attaché.

Mais à part cela, allant de la création à la fin des temps et à la vie après la mort en passant par la prière, le mal, ou encore comment croire, l’auteur aidée par ses petits-enfants a fait un travail remarquable que je conseille avant tout aux personnes qui se posent plein de questions sur la foi. Je conseillerai ce livre également aux catéchumènes qui ont bien entamé leur parcours (car il y a de nombreuses références bibliques) mais également à ceux qui, plus avancé ou parfois un peu endormis dans la foi, cherchent quelques réponses. Enfin je peux le recommander aux prêtres qui voudraient avoir de nouveaux exemples percutants pour leurs homélies et leurs enseignements !

Je crois que l’ouvrage de Florence Bosviel peut être un bon complément du Youcat et du Docat qui exposent respectivement la foi catholique et la doctrine sociale de l’Église. En effet dans son ouvrage, l’auteur aborde avec une bonne précision ces thématiques sujets.Acheter_sur_La_Procure

L’extrait :

Question de Philae (15 ans) : Moi j’ai besoin de preuves. Où puis-je les trouver ? 

On dit que la Bible est le livre le plus lu dans le monde. Si elle contenait des preuves irréfutables de l’existence de Dieu, cela se saurait et il n’y aurait plus un seul incroyant sur toute la surface de la terre. Mais connais-tu vraiment la Bible ? Elle n’a pas été écrite avec cet objectif. Elle a été rédigée par des croyants, qui voulaient assurer la mémoire de l’histoire des relations du Dieu unique et de l’humanité. Ce n’est pas là que tu trouveras les preuves scientifiques que tu recherches. Ensuite, de brillants théologiens, c’est à dire des penseurs spécialisés dans l’étude de Dieu, ont cherché à démontrer son existence. Ils ont rédigé pendant des siècles de très beaux exposés, mais je ne crois pas qu’ils aient suscité beaucoup de conversions. Ce n’est pas en restant seulement sur un plan rationnel que l’on conduira l’humanité à la foi en Dieu. En revanche, il est tout à fait juste de chercher à valider quelques questions fondamentales : Peut-on être raisonnablement sûr de l’existence de Jésus ? De la validité des textes de l’Evangile ? Leur rédaction date-t-telle bien du premier siècle ? Sont-ils inspirés par les récits de témoins directs ? De nombreux scientifiques ont étudié ces questions. Ils se sont parfois opposés entre eux, comme cela arrive dans bien d’autres domaines. Cependant, cela a suffi à de grands cerveaux pour penser que les sources de leur foi étaient suffisamment fiables.

Ensuite, la question est celle de ton adhésion personnelle au Dieu de Jésus-Christ. Même si les connaissances ont toute leur importance, il s’agit essentiellement d’une affaire de confiance : ce mot revient sans cesse dans mes réponses ! Tout le savoir du monde les ne suffirait pas à faire naître la foi en toi. Réfléchis à la manière dont ce sont créées tes amitiés : tu n’as pas eu besoin de preuves. Ce n’est pas comme dans le monde des affaires, où on s’entoure de précautions, on établit des contrats et on demande des garanties. Ce qui fait la beauté des relations humaines, c’est justement que l’on accepte le risque. Ou alors, on se condamne à la solitude et on passe à côté de sa vie. Quand une relation naît entre deux êtres humains, ils commencent par prendre le temps de se connaître. C’est en cheminant ensemble que l’amitié ou l’amour se tissera entre eux. C’est pareil pour la foi.

Pour moi, les plus belles preuves de l’existence de Dieu, ce sont les témoignages. Je ne pense forcément aux saints, mais à des personnes tout à fait normales, comme toi et moi. Elles ne tiennent pas de grands discours, mais elles ont mis en pratique la parole de Jésus : « Ceux qui me disent Seigneur, Seigneur, n’entreront pas tous dans le royaume des cieux, mais celui-là seul qui fait la volonté de mon Père ». (Matthieu 7, 21). Il y a des croyants que j’appelle des « passeurs de Dieu ». Ils valent plus que tous les arguments et toutes les preuves. Parce qu’ils donnent aux autres l’envie d’avoir accès à ce petit « plus », tout intérieur, qui les fait rayonner. C’est très discret. Mais on sent qu’il y a en eux une vraie joie intérieure. Sa profondeur lui permet de ne pas s’éteindre face aux événements difficiles de la vie.

Bien sûr, la joie n’est pas une preuve. Mais elle est une assurance que l’on ne s’est pas trompé de chemin.


L’auteur : 
J’ai eu la chance de l’interviewer donc je lui réserve une page spéciale !

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