La folie du monde emportera-t-il la mère ? Lucetta Scaraffia éclaire le débat actuel sur les PMA et GPA. Elle ouvre les yeux du lecteur sur les véritables enjeux de ces techniques et remet au coeur de toutes ces réflexions la femme et la mère.

Note : * * * * *
Difficulté : * *

Auteur : Lucetta Scaraffia
Editeur : Salvator
Paru en : mars 2018
Nombre de pages : 160 pages

Résumé de l’éditeur :
Un nouveau droit s’est imposé dans notre société : le droit à l’enfant. Pour l’auteur de cet essai, il révèle une profonde transformation anthropologique, qui remet en cause des points névralgiques de la condition humaine.

Des changements de langage en portent témoignage : ainsi, dans beaucoup de pays, les termes « mère » et « père » sont supprimés, la « parenté » disparaît et de nouveaux termes sexuellement neutres apparaissent, comme « projet parental ». En outre, les contrats de location d’utérus rendent juridiquement disponible ce qui était jugé indisponible dans toutes les législations occidentales : le corps humain.

Le processus de filiation est bouleversé : en plus des deux parents, il comprend les donneurs ou la femme qui loue un utérus, les médecins impliqués dans les techniques de PMA, les instances de médiation entre les donneurs et les futurs parents, et enfin, les avocats, garants de la « propriété » de l’enfant et de l’anonymat possible du donneur. Une figure unique disparaît dans ce dispositif : la mère, seule détentrice, selon Lucetta Scaraffia, du pouvoir de procréer… que les hommes lui ont toujours convoité.

Au cœur de ce livre se trouve la femme. Non pas son auteur, Lucetta Scaraffia, mais bel et bien la femme actuelle dans tout ce qu’elle a de beauté, de grandeur et de naturelle. Non pas la femme rêvée par des hommes trop fous pour projeter leurs désirs sur elle, mais tout simplement la femme dans ce qu’elle a de beau et de merveilleux. Non pas la femme qui revendique sans regarder mais la femme à qui appartient d’enfanter.

Lucetta Scaraffia se focalise donc sur la mère dont elle voit que son statut s’effrite pour ressembler de plus en plus à celui des hommes que toute notre société idéalise comme l’accomplissement d’une vie parfaite. Le « coup de balai idéologique » qu’elle observe est à l’origine de ces questions et d’un dérèglement profond au cœur même de la vie du couple dans la transmission de la vie.

L’auteur pour nous aider à comprendre pose le cadre, parle de notre société de manière juste, simple et sans détours ou artifices. Elle permet au lecteur de comprendre comment nous en sommes arrivés jusque-là tout en montrant les dangers que cela représente pour tous : mère, père, enfant et société. Montrant également du doigt certains changement de vocabulaire, elle pointe la manipulation de l’opinion et la manipulation de la notion même de couple.

« Si l’on ne voit plus la différence entre hétéro et homosexualité, puisque les deux sexualités excluent la reproduction, il devient facile de les considérer et de les pratiquer de la même manière. » p.43

Forte de tout cela Lucetta Scaraffia aborde les sujets de la bioéthique qui prennent en ce moment un place importante dans notre société française. Elle ouvre le lecteur à une vision renouvelée de ce que sont finalement PMA et GPA.

Personnellement j’ai trouvé cet ouvrage bien plus que simplement intéressant. Enfin la femme parle d’elle-même de manière si belle et, je pense, si vraie. Cette lecture m’a permis de comprendre les enjeux et – même si j’ai des cours au séminaire – j’y ai trouvé un complément vraiment très intéressant. Par ailleurs, le vocabulaire employé et la forme du texte aide à la lecture et à pouvoir rapidement retenir les idées essentielles qu’elle développe.

C’est donc une très belle lecture que je ne peux que conseiller à tous car hommes et femmes nous sommes tous concernés par ce traumatisme sociétal que serait « la fin de la mère ».

L’auteur :
Lucetta Scaraffia est une historienne et journaliste italienne, responsable du supplément féminin de L’Osservatore Romano. À la demande du pape, elle contribue à développer une théologie féminine dans l’Église. Elle est intervenue au synode romain sur la famille à la session d’octobre 2015. Essayiste de premier plan, elle est l’auteur de plusieurs livres à succès en Italie, elle a publié en France Du dernier rang, les femmes et l’Église (Salvator, 2016).

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