Adolescence,  Enfants,  Société

Les écrans sont-ils la plaie de notre société ?

À partir de 5 lectures je m’interroge sur la place des écrans et de la technologie dans notre société. Essayant de poser des questions qui nous ferons avancer sur le chemin de la sainteté !

Les écrans

Ces derniers mois j’ai lu plusieurs ouvrages qui s’interrogent – et nous interrogent – sur la place des écrans dans notre quotidien et sur le bien-fondé de cette place laissée. Souvent ces livres – chrétiens ou non – nous disent et affirment que c’est une plaie que la société doit gérer.

Leur omniprésence ne peut être niée puisqu’à l’instant même je rédige ces lignes devant un ordinateur dont l’écran est l’interface nécessaire pour voir apparaitre mon texte. Ils sont partout – maison, métro, couloirs, etc. – ils remplissent de nombreuses fonctions qui nous facilitent la vie ou nous informent – infos, robots culinaires, publicités, ordinateurs. Chacun remplit son rôle comme dans une société bien organisé.

La haine des écrans

Mon étonnement principal est la façon dont nous développons une haine des écrans et dont pourtant nous souhaitons dépendre de plus en plus. Mais finalement, ne serait-ce pas notre rapport à la technologie que nous devons interroger bien plus qu’aux écrans. Est-ce que s’attaquer à la place des écrans ne constitue pas un écran de fumée face au réel problème du manque de notre tempérance ? Les écrans sont-ils la plaie de notre société ?

Anecdote

Pour commencer notre petit parcours, je veux raconter une anecdote. Je suis à table, un midi, avec des frères prêtres. La règle habituelle dans ce genre de lieu commun est de ne pas sortir son téléphone pour que ce dernier ne coupe pas la conversation. Voici le dialogue qui s’engage :

Moi : Père, vous avez une belle montre, l’avez-vous depuis longtemps ?
Le prêtre : Oui c’est une montre connectée que j’ai depuis quelques semaines.
M : Je ne pourrai pas avoir ça.
P : C’est vrai que c’est un peu gros mais on s’y fait assez vite.
M : Non je voulais dire que ce type de technologie je ne pourrai pas l’avoir sur mon poignet, je deviendrai accro !
P : Non, moi j’ai décidé d’en avoir une et ça va très bien. Arrête de me juger ainsi.
M : Il ne s’agit pas de ça. Je sais que pour moi, en porter une m’inciterait à être encore plus accro aux écrans. Et c’est déjà assez complexe comme ça.

Parler des écrans, un appel à la tempérance

Dans ce dialogue de sourd, où le frère prêtre ne comprend pas ma difficulté devant ce genre de technologie, plusieurs choses me semblent apparaitre. En premier lieu, la connexion continue à quelque chose qui me dépasse. La montre se connecte principalement au téléphone, à internet et permet de gérer des alertes le plus rapidement possible. Bien que cela soit louable, personnellement je n’aspire pas à cette immédiateté. 

Je m’étais posé la question d’un tel achat mais le prix m’avait arrêté et le poids aussi. Mais avec du recul, c’est le fait d’invité mon téléphone partout qui en aurait été la conséquence majeure. Or cet outil ne me suit pas partout, bien au contraire ! 

En deuxième lieu, c’est mon manque clair et net de tempérance face à la technologie de manière générale. Problème que nombre de personnes constate, aidées par les firmes internationales qui créent ces produits et nous impliquent dans le processus de fabrication. J’entends par là qu’ils prennent en compte le comportement humain afin de créer une appétence dans un premier temps et parfois, plus ou moins volontairement, une dépendance à leurs produits. 

En troisième lieu, nous devons nous interroger sur notre façon de penser les technologies. Si la tempérance est essentielle, le Seigneur ne nous a pas donné un cerveau pour rien. Notre raisonnement, qui a donné naissance aux techniques puis aux technologies, doit en rester le maître. Notre réflexion dès aujourd’hui à propos du clonage, ou de l’intelligence artificielle ne doit pas être reléguée au second plan. Influencer positivement aujourd’hui ces découvertes pourrait permettre de prévenir les dérives dont on voit chaque jour les fruits.

La responsabilité d’une réflexion continue

Chacun, dans la mesure de sa place actuelle et future dans la société, porte une responsabilité vis-à-vis de cette réflexion continue. Théologien, philosophes et politiques doivent y réfléchir. Mais – selon moi – ils gagneront à ne pas laisser leurs émotions les submerger, pour garder la tête froide et s’ancrer dans un réel réalisable. 

Le constat récent

Le constat de ces derniers mois où le monde s’est pris de plein fouet un arrêt pour cause de pandémie devrait nous faire réfléchir. Connecté nous sommes séparés, technophiles et sans cesse sur les réseaux sociaux, nous ne nous parlons pas vraiment. Qui peut dire qu’une visio avec grand-mère équivaudrait à une visite, à une accolade ou même à un regard ? Qui ?

Les écrans pourraient être une plaie, si nous nous laissons faire par notre instinct du chemin le plus facile. Ce n’est pas cela que le Christ nous propose, mais celui de l’effort quotidien, de l’amour du prochain qui dépasse les paroles et se transforme en acte. Les écrans ne sont pas le problème : je suis le problème. Je suis celui qui doit se convertir pour que les technologies me servent et non l’inverse.

Écrans et technologies, les services rendus !

Les immenses services que nous rendent quotidiennement les progrès technologiques ne peuvent être cachés. Rien que comme prêtre, diffuser une messe avec un téléphone n’était pas envisageable il y a 20ans. Le milieu agricole – que je connais bien – vit lui une révolution technologique. Mais qui sert qui ? C’est peut-être cette question que nous devrions nous poser chaque jour. Suis-je asservi par mon téléphone, ma montre connectée, mon robot aspirateur ? L’intelligence artificielle (IA) que l’on peut mettre au pluriel donne également à penser. Toutes nos technologies, voitures neuves en sont équipées et permettent dans bien des cas d’éviter une panne ou une faute d’inattention. L’IA est partout, mon téléphone apprend tout seul mes habitudes, propose des destinations en fonction de mes horaires de rendez-vous. L’IA n’est pas mauvaise, bien au contraire je le pense, mais quelle place est-ce que je laisse au contrôle de ma vie par moi-même ? par ma raison ? Et quel rôle peut avoir la foi chrétienne dans cette réflexion ?

La soumission des chiffres

Se sont autant de questions qui n’ont que des réponses personnelles. Les ouvrages que j’ai lu, et que la vidéo en fin de page présente, nous poussent à cette nouvelle action réflexive. Car ce n’est pas seulement leur utilisation qu’ils nous invitent à reprendre en main, c’est aussi notre ego, notre orgueil. La réflexion des accros des réseaux est de toujours jeter un regard aux statistiques de vues, de commentaires. On se réjouit du positif et planifie une potentielle reprise. J’ai fait cet exercice, mais c’est fatiguant ! Nous savons bien que ce n’est pas le regard des autres qui nous éduque et qui fait grandir notre conscience. Notre personnalité ne doit pas compter sur ces réseaux mais plutôt sur une interaction humaine.

Quelle place pour notre imagination ?

Les enfants

La difficulté de ces enjeux se situe notamment dans l’accès à une véritable éducation à l’utilisation des technologies. Si les patrons de la tech issus de la Sillicon Valley souhaitent que leurs enfants n’est pas accès à un écran avant 13 ou 15 ans, cela doit nous faire réfléchir.

Enjeu d’éducation et d’imagination

Voici pour finir une réflexion personnelle que j’ai formé ces dernières années grâce à mon expérience personne et à mon activité comme prêtre et accompagnateurs de groupes de jeunes notamment dans le scoutisme. Le problème principal que je trouve aux écrans c’est qu’ils empêchent l’imagination de prendre vraiment corps. Je m’explique.

Si vous deviez faire un dessin de Poudlard (château école dans Harry Potter) votre dessin serait sensiblement différent entre la simple lecture des livres et après avoir regardé les films. Le livre, bien qu’il propose une histoire, un cadre et des personnages, laisse l’imagination aller bon train. Elle peut s’évader, créer à volonté selon les spécificités que précise l’auteur mais aussi selon ce que le lecteur imagine. La créativité se développe mieux, selon moi, au cours de la lecture d’un livre plutôt que devant un film.

La conséquence négative de cette perte c’est que le manque de créativité induit un cadre restreint pour imaginer l’avenir. Or de cette imagination notre monde en a besoin quotidiennement pour développer et avancer vers la sainteté. La construction du Bien Commun ne peut se faire dans un cadre tout prêt, nous avons à découvrir ce cadre et à l’agrandir pour que notre conscience du monde soit la plus proche possible de ce que Dieu veut de nous. Mais sans imagination pas d’inventions, pas de réflexion possible à propos des progrès de l’homme.

Vous trouverez certainement que ce petit écrit mériterait un peu plus de détails, moi aussi ! Cependant en attendant je vous conseille ces 5 lectures que je vous présente dans cette vidéo. Vous trouverez aussi des extraits de chacun des livres juste après la vidéo.

Les écrans, 5 livres à découvrir !

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Prêtre du #diocèse #Beauvais @catho60. Encore en étude jusqu'en 2021 en théologie morale. Avant d'entrer au séminaire pour @catho60 j'ai fait mes études à @UniLaSalle_fr école d'ingénieur agricole dont je suis diplômé. Ce blog est né car lors de ma formation au séminaire certains professeurs m'ont demandé de m'exercer à écrire et développer une pensée. De plus j'ai trouvé ce moyen car il peut m'être utile et être utile à d'autres et cela m'oblige à lire ! Mon article préféré : https://lirechretien.fr/2015/05/01/comment-jai-vu-dieu-a-loeuvre-dans-la-maladie-de-mon-frere/

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