Pierre dans de nombreux passages des évangiles après la résurrection est lent à reconnaître Jésus. Plusieurs fois se sont les autres, notamment le disciple que Jésus aimait[1] qui le Lui désignent. Lent à croire ? Pas toujours, il est le premier à exprimer sa foi lorsqu’il répond à Jésus Tu es le messie de Dieu. Regardons Pierre en Jean 21, 15-19 :

Quand ils eurent mangé, Jésus dit à Simon-Pierre : « Simon, fils de Jean, m’aimes-tu vraiment, plus que ceux-ci ? » Il lui répond : « Oui, Seigneur ! Toi, tu le sais : je t’aime» Jésus lui dit : « Sois le berger de mes agneaux. »
Il lui dit une deuxième fois : « Simon, fils de Jean, m’aimes-tu vraiment ? » Il lui répond : « Oui, Seigneur ! Toi, tu le sais : je t’aime. » Jésus lui dit : « Sois le pasteur de mes brebis. »
Il lui dit, pour la troisième fois : « Simon, fils de Jean, m’aimes-tu ? » Pierre fut peiné parce que, la troisième fois, Jésus lui demandait : « M’aimes-tu ? » Il lui répond : « Seigneur, toi, tu sais tout : tu sais bien que je t’aime» Jésus lui dit : « Sois le berger de mes brebis.
Amen, amen, je te le dis : quand tu étais jeune, tu mettais ta ceinture toi-même pour aller là où tu voulais ; quand tu seras vieux, tu étendras les mains, et c’est un autre qui te mettra ta ceinture, pour t’emmener là où tu ne voudrais pas aller. »
Jésus disait cela pour signifier par quel genre de mort Pierre rendrait gloire à Dieu. Sur ces mots, il lui dit : « Suis-moi»

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Pierre n’a pas l’habitude de reconnaître le Seigneur après qu’Il soit ressuscité, souvent on lui indique, on l’aide. Et cela a plus forte raison après la résurrection puisque Pierre pendant la passion a brisé en quatre morceaux la relation, le lien d’amour qui le maintenait uni à Jésus. Trois reniements pour quatre morceaux, trois demandes « m’aimes-tu ? » pour trois blessures profondes portées à leur relation. La miséricorde de Dieu va agir, comment ? elle passe si vite ! Elle passe si vite et balaye les doutes et les difficultés et c’est ainsi que Pierre pourra répondre « Tu sais que je t’aime ». Mais dans cette réponse Pierre comprend alors qu’il ne peut pas aimer exactement comme Jésus lui demande d’aimer, comme lui nous aime. Il comprend qu’il ne peut pas y arriver seul.

Ce jeu de questions réponses n’est pas signe d’une fin pour les deux personnages, mais signe d’un renouveau. Le Christ ne s’arrête pas là, il l’investit pasteur et berger ; comme si le lien maintenant guérit était plus fort et permettait d’aller plus loin.

Ce lien qui se rétablit permet aussi à Pierre d’ouvrir réellement son cœur. Il s’est laissé réconcilier, il a laissé approcher son cœur malade par le Christ et a été guéri. Il va plus loin avec le Christ.

Nous aussi nos incapacités à voir le Christ sont dues à nos blessures que nous infligeons au lien d’amour qui nous unit à Jésus, à Dieu. Si nous nous laissons approcher par le médecin, ce lien plus fort nous fera aller plus loin avec Lui. Si ça n’est pas le cas, Lui, le Seigneur, restera prêt à donner son pardon et à accorder sa miséricorde. Lui, il attendra patiemment que notre cœur soit prêt à recevoir son pardon et que l’on puisse le reconnaître !

Il nous attend pour bâtir son Eglise comme il a attendu que Pierre accepte d’être guéris du lien qu’il avait par trois fois brisé.

Cela dit même si Dieu est toujours prêt à donner son pardon, même si il est toujours là pour nous, n’oublions pas ce qui arrive aux cinq vierges qui n’étaient pas prêtes[2], elles n’entrent pas dans le Royaume. Essayons donc de toujours renouveler notre attachement au Christ, que nous soyons laïc ou consacré, prêtre ou séminariste, marié ou célibataire, enfant ou parent. Pierre est peut-être lent mais lui se laisse guérir.

[1] Jn 21, 7 ; 21, 20

[2] Mt 25, 1-13

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