Un itinéraire poétique pour recevoir la vie comme un appel.


Note : * * * *
Difficulté : * *

Auteur : David-Marc d’HAMONVILLE
Éditions : Albin Michel
Paru en : Janvier 2019
Nombre de pages : 126  pages

Résumé de l’éditeur : « Il n’y a que deux manières d’avoir une âme : la savoir en soi qui demeure, cachée, presque imperceptible, vermisseau ronge-bois qu’on ne voit pas, ou bien se savoir en elle, minuscule et perdu, explorateur étonné d’une ruine immense sur les murs de laquelle il y a tant de signes que leur déchiffrement prendrait des milliers de vies. Ame sœur, je ne te demande pas de me suivre, mais de chercher en toi l’entrée. Trouve le passage, car il existe. Pousse un peu les portes, écarte un peu les rideaux. Ne laisse pas ta vie devenir un couloir, un tunnel, même équipé de tapis roulant, même placardé de mille images distrayantes. Ne te laisse pas conduire si facilement où tu sais. Ne va pas plus vite là-bas, descends lentement ici. Ici commence le voyage ».

Dès les premières lignes de cet ouvrage, l’auteur présente son propos. Il ne s’agira pas pour lui de conter une histoire captivante. Plus loin, il confessera également n’avoir aucun goût à employer les « il faut » et les « tu dois » qui pourtant ponctuent les cinquante huit courtes réflexions de deux pages. Fragments après fragments, David-Marc d’Hamonville nous entraîne en effet dans un étonnant parcours où chaque méditation relève d’un savant mélange de souvenir, de conseil et d’interpellation.

A la fois artiste, puisque peintre et maître verrier, mais aussi bien ancré dans le réel puisqu’il fut chantre, cuisinier et économe de sa communauté avant d’en devenir le père abbé, « frère David » nous fait entrer dans son univers teinté de poésie. C’est pourquoi ce livre n’est pas du genre de ceux que l’on dévore. Il faut prendre le temps de marcher à la suite de son auteur et plus encore prendre le temps de laisser résonner en soi les mots reçus. L’auteur n’a d’ailleurs de cesse de nous renvoyer à notre rapport au temps, mesure des mesure, que nous prétendons mesurer et qui pourtant finit toujours par nous mesurer. Ce dialogue entre deux âmes sœurs nous aide en toute délicatesse à remettre en cause nos façons de vivre. Peu à peu, on redécouvre la beauté de la vie et l’appel qu’elle nous lance et que nous avons malheureusement parfois tendance à ignorer. Telle est en effet l’ambition de l’auteur et rien de moins : que notre vie soit une réponse « en vivant de plus en plus, de mieux en mieux » (p. 9).

D’un style certes particulier, on trouvera pourtant dans Ame sœur une bonne source de réflexion. Le style fragmentaire est audacieux et change de toute la littérature de développement personnel tout en atteignant pourtant un effet semblable. Toutefois qu’on ne s’aventure pas dans cette lecture si l’on n’est pas prêt à se frotter aux subtilités du langage poétique. Enfin quoique père abbé de l’abbaye d’En Calcat, il ne faudra pas non plus s’attendre à trouver un condensé de spiritualité monastique car là n’est pas non plus l’ambition de l’auteur et nous dirions tant mieux puisqu’il excelle dans le style qui est le sien

David-Marc d’Hamonville, « frère David », est moine bénédictin à l’abbaye d’En Calcat, dans le Tarn.

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