Jonas, personnage de l’Ancien Testament est utilisé par le Christ comme l’un des prophètes qui réussit sa mission. Au-delà d’annoncer la nécessité de se convertir et de faire pénitence, ceux à qui ces paroles ont été destinés ont fait le pas et le choix de l’écouter. J’utilise ici les lectures de la 28ème semaine du temps ordinaire, année impaire.

Rm 1, 1-7 :
PAUL, SERVITEUR du Christ Jésus, appelé à être Apôtre, mis à part pour l’Évangile de Dieu, à tous les bien-aimés de Dieu qui sont à Rome. Cet Évangile, que Dieu avait promis d’avance par ses prophètes dans les saintes Écritures, concerne son Fils qui, selon la chair, est né de la descendance de David et, selon l’Esprit de sainteté, a été établi dans sa puissance de Fils de Dieu par sa résurrection d’entre les morts, lui, Jésus Christ, notre Seigneur. Pour que son nom soit reconnu, nous avons reçu par lui grâce et mission d’Apôtre, afin d’amener à l’obéissance de la foi toutes les nations païennes, dont vous faites partie, vous aussi que Jésus Christ a appelés. À vous qui êtes appelés à être saints, la grâce et la paix de la part de Dieu notre Père et du Seigneur Jésus Christ.
Lc 11, 29-32 :
En ce temps-là, comme les foules s’amassaient, Jésus se mit à dire : « Cette génération est une génération mauvaise : elle cherche un signe, mais en fait de signe il ne lui sera donné que le signe de Jonas. Car Jonas a été un signe pour les habitants de Ninive ; il en sera de même avec le Fils de l’homme pour cette génération. Lors du Jugement, la reine de Saba se dressera en même temps que les hommes de cette génération, et elle les condamnera. En effet, elle est venue des extrémités de la terre pour écouter la sagesse de Salomon, et il y a ici bien plus que Salomon. Lors du Jugement, les habitants de Ninive se lèveront en même temps que cette génération, et ils la condamneront ; en effet, ils se sont convertis en réponse à la proclamation faite par Jonas, et il y a ici bien plus que Jonas.

        On peut assez rapidement et facilement mettre en place un parallèle qui dans cet extrait d’évangile nous saute aux yeux ; Jonas / Fils de l’homme et Ninive / Israël.Il faut avant de continuer plus loin rappeler l’histoire de Jonas, tout du moins la partie qui nous intéresse ici Jon 2, 1-10.

Dans cette histoire on peut voir que les ninivites exécutent un changement radical de comportement. Ils laissent de côté leur vie d’avant pour une pénitence, ils veulent essayer de se racheter, ils tentent le tout pour le tout sans être certain du résultat. Dans La mort Joseph Ratzinger (Benoît XVI) dit explicitement du message de Jonas qu’il est « un appel à la pénitence dans l’imminence du salut et du jugement ». Cette ville nous est décrite comme immense mais le message la traverse en moins de trois jours, chose exceptionnelle. De plus les habitants ne prennent pas seulement l’habit de deuil, ils vont plus loin et reconnaissent vraiment leurs fautes, ils revêtent tous humains et animaux le sac. Ils abandonnent leurs idoles et leurs mauvaises habitudes pour revenir vers le Seigneur, ils font un jeûne et prouvent ainsi au Seigneur leur volonté de se convertir.

Le signe de Jonas dont parle Jésus c’est donc cela ; seulement des paroles. Malgré tout Jésus fait des miracles, d’autres signes et il enseigne, il va donc un peu plus loin que Jonas. Pour autant Israël ne cherche pas à se convertir comme l’ont fait les hommes de Ninive qui vont alors devenir jugent sur Israël au moment du jugement.

« A vous qui êtes appelés à être saints… » nous dit la lettre aux romains proposée pour ce jour. Paul exhorte ses interlocuteurs à saints, c’est l’objet principal de ses lettres ; le Seigneur veut des saints et la communauté doit nous y aider. Il appelle donc à écouter les apôtres qui nous sont envoyés par le Seigneur de la même manière qu’il faut écouter le Fils de l’homme (dans sa Parole) ou qu’il fallait écouter Jonas. Ecouter les apôtres et le Fils de l’homme comme lui-même, Jonas, fût écouté. Par ailleurs en rapprochant les deux textes du Nouveau Testament ont remarque que la sainteté qu’exhorte Paul ne peut pas se faire si on y laisse pas quelques plumes. C’est à dire si l’on ne fait pas pénitence afin de reconsidérer notre relation à Dieu, aux autres et à la vie. C’est un appel à nous délier de ce qui nous retient loin du Royaume dont le Seigneur veut nous ouvrir les portes. Cela demande une conversion de chaque jour, cela demande d’interroger à la lumière du Christ nos pratiques, nos habitudes,… qui nous retiennent loin de Dieu.

On peut d’ailleurs rapprocher ce thème de l’évangile entendu ce dimanche (28ème dimanche du temps ordinaire : Mc 10, 17-30).

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