Ces deux livres font parti de mes dernières lectures que j’ai beaucoup apprécié. D’un genre tout à fait différent, le premier La voie du silence nous ouvre des horizons spirituels auxquels nous n’aurions peut-être pas pensé. Le second, L’écriture ou la vie pousse chacun dans la réalité d’un revenant des camps nazi.

La voie du silence,
Michel Laroche

Note : * * * * *

Difficulté : 4/5

Résumé court :

Michel Laroche dans cet ouvrage veut montrer que la voie du silence loin de désintéresser les hommes les préoccupe beaucoup. Il constate que tous cherchent Dieu ou un équivalent, ils cherchent à combler ce besoin de transcendance que les chrétiens trouvent en Dieu, l’Unique. L’auteur propose donc une voie pour le silence ou plutôt plusieurs voies qui mènent toutes à Dieu. Le silence est de plusieurs ordres avant tous c’est l’inconnaissance de Dieu. Ne pas connaître Dieu, ne pas pouvoir mettre sur Lui des mots qui veulent l’enfermer mais cela doit aller jusqu’à l’inconnaissance de soi pour ne pas s’enfermer soi-même dans un semblant de connaissance qui nous empêcherait de grandir, d’aller vers Dieu. C’est d’ailleurs ce thème de l’inconnaissance qu’il appelle le silence et qu’il développe formidablement durant tout cet ouvrage de près de 200 pages. Il parcourt la métaphysique, la christologie, s’appuie sur les pères de l’Église orthodoxe et nous emmène dans les confins de la spiritualité orientale.

 

Résumé long :

Ce livre commence tout d’abord par une analyse de la connaissance de Dieu. Il y a finalement deux voies pour connaître Dieu les voies positive négative.

Si il y a plusieurs voix pour connaître Dieu le meilleur reste encore la voie apophatique c’est-à-dire la voie négative. Dans son deuxième chapitre l’auteur montre comment cette voie demande à l’homme d’aller jusqu’à s’oublier soi-même. Il préconise donc l’inconnaissance de Dieu, aller jusqu’à vouloir ne pas mettre de définition sur Dieu et sur nous. Comme il le dit d’ailleurs rien ne peut arriver sans la grâce. Il développe donc son propos autour de la grâce qui est nécessaire à tout homme qui veut s’approcher de Dieu. Il est vrai qu’il écarte la voie positive ou cathaphatique pour ne se concentrer que sur la voie apophatique mais jamais nous ne pourrions donner une définition correcte de Dieu, encore moins par cette voie qui voudrait dire ce qu’il est. Par son approche, la voie apophatique permet de dire ce que Dieu n’est pas, c’est beaucoup moins risqué.

Dans cette recherche de Dieu qui selon l’auteur doit mener au silence caractérisé par l’inconnaissance, l’Esprit Saint tient une place toute particulière. Il est d’ailleurs intéressant de revenir comme le fait l’auteur à la racine hébreu de ce mot.

L’auteur reprend ensuite le livre de la genèse et particulièrement l’histoire du premier péché qu’Adam fit, celui ci voulait connaître sans Dieu, sans la grâce de Dieu. L’inconnaissance n’est donc pas ne rien connaître mais accepter Dieu dans sa vie et l’accepter comme une grâce par qui il faut tout voir, tout demander, tout connaître.

Il développe ensuite son propos pour savoir si oui ou non un état de vie vaut mieux qu’un autre pour arriver à cette inconnaissance nécessaire à la vie avec Dieu. Il ajoute ensuite un gros morceau de christologie et continue en s’approchant du mystère eucharistique que Jésus nous donne de vivre.

Brossant ainsi de nombreux sujets tel que le baptême, le royaume ou encore les larmes comme chemin vers Dieu, l’auteur montre un panel impressionnant de voie pour arriver jusqu’à ce silence intérieur.

 

Avis personnel :

J’ai beaucoup aimé ce livre, je l’ai même dévoré car il reprenait une partie de mes cours du séminaire. Je ne pense pas qu’il soit nécessaire d’avoir un gros bagage philosophique ou théologique pour lire et comprendre ce livre. Cela dit si ça n’est pas le cas il faudra peut-être un peu plus de temps pour en venir à bout.

J’ai trouvé sa lecture relativement facile et surtout très enrichissante personnellement et spirituellement. Il m’a vraiment permis de comprendre ou cerner certains aspects de ma propre spiritualité et de pouvoir m’approprier certaines démarches de foi, même si j’ai eu du mal avec la théologie des larmes qu’il développe et avec laquelle je ne suis pas tout à fait en accord.

Etonnant et beau, ce livre je le conseille à tous ceux qui veulent avancer avec le Christ ou bien qui veulent en savoir un peu plus sur Lui.

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L’écriture ou la vie,
Jorge Semprun

Note : * * * * *

Difficulté : 3/5

Épatant, comment peut-on raconter d’une manière aussi poignante sa propre mort ? son retour à la vie ? Jorge Semprun nous emmène dans la réalité qu’il a connue, dans ses souvenirs, dans ses difficultés. Il veut nous faire partager notamment sa difficulté à écrire et à dire aussi, dire ce qu’il a vécu. Comment raconter ces horreurs ? Il le fait admirablement, mêlant son récit d’analepse, de prolepses et notamment d’une admirable inclusion qui court sur presque tout le récit.

« Comment raconter une vérité peu crédible, comment susciter l’imagination de l’inimaginable, si ce n’est en élaborant, en travaillant la réalité, en la mettant en perspective ? » p.166

On ne décroche pas des 400 pages du récit. Bluffant.

J’ai beaucoup aimé cette autobiographie, parfois limpide, parfois difficile, à chaque page étonnante. Il a trouvé je crois par son style et tous ces détails qu’il nous livre, une manière très juste de nous faire comprendre autant que possible ce qu’il vécu.

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