Une parole de réconfort adressée à tous ceux qui sont touchés par l’épreuve de la maladie et de la souffrance.

Note : * * *
Difficulté : * *

Auteur : Anselm Grün
Traduction : Marie-Lys Wilwerth-Guitard
Éditions : Salvator
Paru en : Janvier 2018
Nombre de pages : 144 pages

 

Résumé de l’éditeur :
Tu peux avoir confiance !
Telle est la parole apaisante que délivre ici Anselm Grün à tous ceux qui sont touchés par la maladie. Trop souvent,
nous nous sentons en effet bien démunis face à elle, qu’elle nous atteigne personnellement ou à travers nos proches. En dépit de notre bonne volonté, nous ne savons comment nous situer, entre maladresse et désarroi, tristesse et angoisse aussi.
Avec bienveillance, Anselm Grün s’adresse à la fois à ceux qui souffrent, pour les aider à mieux appréhender cette expérience difficile, mais aussi à tous ceux qui les accompagnent, proches, parents, amis. Puis il aborde la délicate question du malade et de la vérité, les visites et enfin l’accompagnement des mourants.
Des propos de précieuse humanité qui en réconforteront beaucoup.

 

La première chose qu’il faut reconnaître à la lecture de cet ouvrage est l’expérience de son auteur quant à la maladie. Expérience à la fois personnelle mais aussi véritable confrontation au réel lors des nombreuses rencontres issues de l’accompagnement des personnes malades. C’est certainement ce face à face d’Anselm Grün avec la détresse humaine devant la souffrance et la maladie qui l’a conduit à prendre la plume. On retrouve là un souci bien apostolique de la part du moine bénédictin qui s’est fait disciple du Christ. Jésus-Christ a en effet témoigné tout au long de sa vie publique d’une grande sollicitude pour les malades qu’il rencontrait. A son tour Anselm Grün s’en fait le témoin et le messager.

Le but de cet ouvrage est donc de pouvoir témoigner de cette compassion toujours actuelle et d’éveiller à la recevoir. A cet égard, le livre s’organise en quatre parties. La première et la troisième adoptent un registre plutôt théorique et traitent de l’interprétation de la maladie ainsi que de l’accompagnement des malades. Elles sont suivies à chaque fois d’une autre partie d’un registre très concret : au cœur de l’ouvrage se trouve une série de méditations ayant pour but d’aider le lecteur à affronter spirituellement la maladie puis une série de propositions de rituels et de cartes de prières en dernière partie de l’ouvrage davantage destinée à ceux qui accompagnent les malades.

L’emploi de la deuxième personne du singulier ainsi que les nombreuses questions adressées au lecteur contribuent à créer un climat de réconfort et d’empathie. Le lecteur sera également touché de constater le souci de l’auteur qui prie par avance le lecteur de l’excuser pour des propos qui ne sonneraient pas juste ou qui le blesseraient. Mais chaque situation étant tellement unique, c’est un risque à prendre que relève Anselm Grün, espérant davantage consoler qu’accabler…

Une des principales critiques que l’on pourrait néanmoins adresser à l’ouvrage est ambiguïté qu’il entretient autour de certaines notions et concepts. Ainsi en va-t-il de la notion de « méditation » qui recouvre aujourd’hui des pratiques bien diverses et qui gagnerait à être précisée afin d’éviter les interprétations erronées.

Il en va de même lors de l’évocation d’un « noyau indestructible et périssable » que l’on a en soi et où la souffrance n’a pas droit de séjour (p. 73). Une telle vision des choses, surtout dans le contexte des idées contemporaines, risque d’entretenir une vision dualiste dommageable de l’âme et du corps. Il va sans dire qu’Anselm Grün n’ignore pas que la tradition chrétienne enseigne l’unité de l’âme et du corps bien que l’âme transcende le corps. Mais parler du tréfonds de notre âme où l’on parvient en s’entraînant à la méditation (p. 53) risque d’entretenir une certaine éthique volontariste de résistance à la souffrance qui se ferme à toute ouverture au salut qui passe pourtant par la chair. Le propos et l’intention de l’auteur en sont loin, mais l’ambiguïté demeure.

Il n’en reste pas que cela demeure des questions complexes qui dépassent la large diffusion voulue pour l’ouvrage et on ne saurait reprocher à Anselm Grün son projet. Et c’est bien là ce que nous luis souhaitons, de pouvoir consoler sans rien retrancher d’une authentique anthropologie.

L’auteur :
Anselm Grün est moine bénédictin de l’abbaye de Münsterschwarzach. Il est conseiller spirituel et animateur de retraites, alliant psychologie et spiritualité. Parmi ses dernières publications aux Éditions Salvator : Traverser la dépression et Du burn-out au flux de la vie. Traduits dans le monde entier, ses livres sont vendus à des milliers d’exemplaires.

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