Ce passage d’Evangile est le premier témoignage de la Résurrection de Jésus  dans l’Evangile de Jean. Il fait immédiatement suite  au long récit  de la Passion, médité le Vendredi saint, qui s’achève par la mise au tombeau de Jésus selon les rites funéraires juifs.
Cette première expérience pascale des disciples, lors de leur visite au tombeau, est discrète : des  signes tout simples ont permis au disciple bien-aimé  puis  à Pierre  de croire, chacun selon son cœur et sa personnalité, à la Résurrection de Jésus. C’est en voyant les linges  « posés à plat » (décrits à deux reprises) dans le tombeau vide que le disciple bien- aimé a cru. Etant donné l’état  de ces  linges, le corps n’a pas pu être enlevé comme le pensait Marie-Madeleine, il a « disparu »de lui-même.  Mais  Pierre, probablement paralysé intérieurement parce qu’il a explicitement renié Jésus lors de  sa Passion, semble  perplexe et  plus lent à croire.
Devant ce signe, aucune parole ne vient aux deux disciples. Et ce passage liturgique de l’Evangile  se poursuit par le verset : « Ensuite, les disciples retournèrent chez eux. »
Rentrés chez eux et rentrés en eux-mêmes, ils ont peu à peu compris  que Jésus est vivant, autrement, et présent mystérieusement à leur vie. Ils sont envahis d’une joie d’abord silencieuse ; elle s’exprimera quand Jésus lui-même se  manifestera  à eux.
Que leur joie soit aussi la nôtre aujourd’hui !
En effet, le lieu de la mort, le tombeau (mentionné sept fois), est en ordre et les linges mortuaires  bien disposés : la mort n’a pas  le dernier mot. La Résurrection de Jésus a une dimension corporelle : pour Dieu, le corps a de l’importance  puisqu’Il s’est incarné en Jésus. Or, la vie et la mort de Jésus sont « pour nous et pour notre salut », salut qui est, selon la définition donnée par le concile Vatican II, « union intime avec Dieu et unité de tout le genre humain ». Jésus a ainsi changé le sens de la mort : telle est notre foi en la puissance recréatrice de Dieu  pour chaque  membre de l’humanité, si déchirée qu’elle soit : « J’attends la résurrection des morts et la vie du monde à venir ».
Notre  joie est aussi celle de la présence de Jésus chez nous, au cœur de notre vie quotidienne, présence qui nous assure que tout ce que nous aurons vécu ici-bas dans l’amour, parfois dans les ténèbres, compte pour Dieu et sera purifié pour être récapitulé dans le Christ, selon le dessein bienveillant  du Père : « La charité et ses œuvres demeureront et toute la création que Dieu a faite pour l’homme sera libérée de l’esclavage et de la corruption. » (concile Vatican II)
Rédigé par Dr F. Niessen (professeur au séminaire)
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